Belles-Soeurs

Belles-Soeurs

La troupe de Belles-Soeurs © Mélanye Bernier

Une ménagère du Plateau Mont-Royal gagne un million de timbres-primes et voit du coup sa vie complètement bouleversée. Elle invite ses sœurs et ses voisines à une veillée de collage… MUSICALE !

En 1968, une bombe éclate dans la petite salle du Théâtre d’Aujourd’hui, quinze femmes font la lecture publique d’un véritable brûlot ; Les Belles-Sœurs révolutionnent le paysage culturel du Québec. Plus de quarante ans plus tard, portée par le désir de deux créateurs, René Richard Cyr au livret et Daniel Bélanger à la composition musicale, avec l’appui indéfectible de l’auteur original, Michel Tremblay, la recréation des Belles-Sœurs reprend vie au même théâtre qui a vu naître ces femmes qui cette fois seront musicales et chantantes !

Livret et paroles : René Richard Cyr
Musique : Daniel Bélanger
d’après Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay
Directeur musical et vocal : Chris Barillaro
Assistance à la mise en scène et régie : Lou Arteau
Scénographie : Jean Bard
Costumes : Mérédith Caron
Éclairages : Martin Labrecque
Accessoires : Francis Farley-Lemieux
Perruques : Rachel Tremblay

Distribution :
Kathleen Fortin (Germaine Lauzon)
Sonia Vachon (Rose Ouimet)
Éveline Gélinas (Pierrette Guérin)
Geneviève Alarie (Thérèse Dubuc)
Édith Arvisais (Linda Lauzon)
Frédérike Bédard (Olivine Dubuc)
Sylvie Ferlatte (Angéline Sauvé)
Jade Bruneau (Desneiges Verrette)
Michelle Labonté (Yvette Longpré)
Hélène Major (Lisette de Courval)
Monique Richard (Rhéauna Bibeau)
Geneviève St Louis (Marie-Ange Brouillette)

Musiciens :
Chris Barillaro (Piano)
Serge Arsenault ( Accordéon, claviers et trombone)
François Marion (Contrebasse, basse électrique)
Parker Bert (Batterie et percussions)

Montréal
17 octobre 2018
Théâtre Maisonneuve (PDA)
Parterre : K-44

Critique :
Pour célébrer en grande pompe le 50e anniversaire des Belles-Sœurs de Tremblay, quoi de mieux qu’une tournée pour faire (re)vivre ce grand classique pour les jeunes et moins jeunes ? De fait, c’est un réel plaisir de retrouver les Germaine Lauzon, Pierrette Guérin et toutes ces femmes qui ont bercé l’imaginaire de nombreux Québécois.

On suit Germaine Lauzon, la ménagère qui, au grand dam de ses amies, remporte le fameux concours que toutes auraient voulu gagner : un million de timbres. Elle invite ses sœurs, ses belles-soeurs et ses amies à passer une soirée à coller des timbres. Mais la jalousie et l’envie chamboulent les plans de Germaine.

Créée en 2010, la version musicale connaît quelques petits changements, notamment une nouvelle mise en scène plus resserrée et fluide, l’ajout d’une nouvelle chanson et la disparition de certains personnages secondaires. En revanche, le décor reste le même : une cuisine kitsch, des armoires se transformant ici et là en bougeoirs ou en néons de bars, des tables et des chaises « vintages ». Le tout rappelle les années 60. On se délecte de voir évoluer ces personnages teintés d’humour, de rancune et de robes fleuries.

La troupe de Belles-Soeurs © Mélanye Bernier
Les textes de Tremblay sont provocateurs tout en restant humoristiques. Ils accompagnent à merveille les chansons de Daniel Bélanger. On doit saluer le travail exceptionnel de Kathleen Fortin dans le rôle de Germaine Lauzon. Son timbre de voix et son jeu sont irréprochables. D’ailleurs, la troupe au grand complet est sensationnelle, que ce soit Sonia Vachon (Rose Ouimet), avec son rire contagieux et ses répliques cinglantes, Geneviève St-Louis en Mme Brouillette, cette voisine bourrée de jalousie ou la sœur damnée, Pierrette, interprétée avec brio par la jolie Éveline Gélinas. Toutes, sans exception, vous feront passer par une gamme d’émotions insoupçonnables.

Le seul reproche qu’on pourrait faire à cette production est le lieu qui l’accueille. En effet, la salle Maisonneuve de la Place des Arts est trop grande pour ce genre de spectacle qui se veut intimiste. C’est dommage car parfois on perd les subtilités du texte dans ce grand espace…

Assurément, les Belles-Sœurs ont 50 ans mais sont toujours d’actualité. On souhaite que ce spectacle suscite autant d’intérêt dans les 50 prochaines années…

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